Marcilhac-sur-Cele. Mon auxiliaire Cabot m'aide à vivre en troupe les Américaines. A table!
Stage de cuisine. L'atelier. "Monsieur Monmouton"
Photos par Christophe Cousin, Jeanine Brennan, Deedee Slawny, Catherine Stock

Une troupe des Américaines envahit le Lot !
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Je suis certainement une illustratrice de livres pour enfants, mais en aucun cas un chef de bande.

Aussi, recevoir 18 Américaines, enseignantes ou bibliothécaires, dans mon petit village de Rignac, n'était pas une mince affaire.

L'une des voitures s'embrouilla dans le périphérique autour de Paris et arriva par Lyon. Une autre tomba en panne à Châteauroux si bien que ses passagers durent prendre un train- aucune autre voiture dotée d'un embrayage automatique n'ayant pu être trouvée. La dernière retardataire, une maman qui n'avait pas voulu manquer la remise de diplôme de sa fille, arriva par le train quelques heures plus tard... ( beaucoup plus tard... à cinq heures du matin), mais finalement, elles étaient toutes là, joyeusement armées de pinceaux, papier tendu et petits godets ou tubes de bleu de Prusse, cramoisi d'Alizarine et jaune de Cadmium, pour ma semaine de stage d'aquarelle.

L'excitation de se réveiller dans une ferme de la campagne française effaça vite toute trace du décalage horaire. À sept heures du matin, toutes étaient debout et prêtes à explorer le pittoresque village d'Autoire, sur le chemin du marché de St Céré, où les paniers furent remplis de fromages, pain de campagne, saucisse et pêches plates, avant de revenir à ma grange-atelier pour la classe   à 9h30.

Après la journée passée à étudier les lavis, l'exécution de superbes " pastèques-haikus", et la reproduction de la texture de vieilles portes de chêne, elles étaient prêtes pour d'autres aventures.

Elles se trempèrent dans l'Alzou, par une chaude soirée d'été, parcoururent les 12 Km de la route des pèlerins de Rignac à Rocamadour. Elles descendirent dans le gouffre de Padirac pour un voyage souterrain en bateau, à travers l'impressionnant décor de stalactites et stalagmites, pique-niquèrent au bord de la rivière.

Plus tard, on les vit goûter à la bière pression et. encourager les danseurs "Texans "   à la Fête de la Musique. Elles apprirent d'un chef de la région l'art de la gougère et de la crème brûlée, et allèrent admirer dans la grotte de Pech-Merle les peintures de chevaux et mammouth vieilles de 20000 ans.

Souvent, tard dans la nuit, on pouvait voir dans la grange-atelier quelques aquarellistes acharnées, mettant la touche finale à leurs peintures, avant d'aller enfin dormir. La pression augmentait- j'avais invité le Maire ainsi que quelques personnalités locales à venir voir les oeuvres, et à savourer le résultat de la classe de cuisine à la fin de la semaine.

L'exposition fut un grand succès. Tout le monde poussait des ohh! et des ahh! admiratifs devant les peintures accrochées sur des ficelles par des pinces à linge. Un connaisseur local présenta au groupe un choix des meilleurs vins rouges français, Cahors, Côtes du Rhône, Bourgogne et Bordeaux. Mon voisin fermier, Monsieur Monteil, (  qui figure dans mes livres " Un tour à Paris " et " Un porc à New York " sous le nom de Monsieur Monmouton), grommelait tout en signant les livres que les journalistes et la   télévision n'avaient pas été prévenus, conscient de manquer par là ses 15 minutes de célébrité.

La semaine se termina par une visite de Sarlat, une descente de la Dordogne en canoë, et les traditionnels feux de la St Jean.

Après des derniers achats à la foire à la brocante de Gramat le dimanche matin, le groupe me fit ses adieux et partit pour Paris.

Quant à moi, je me mis au lit pour une semaine.

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Traduction d'anglais à français par Fanny Cousin.